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Il était une fois un rapport, « Prévenir la délinquance des jeunes : un enjeu pour demain », commandé en novembre 2009 par le secrétaire d’Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel, à Jean-Yves Ruestch, responsable du « pôle prévention citoyenneté » à Mulhouse, ville dont Mr Bockel était encore maire – il a quitté sa mairie en mai 2010. Remis en février 2010, il soutenait 60 propositions pour « construire une politique de prévention juvénile renforcée et renouvelée », autour de trois champs prioritaires : soutien à l’exercice des responsabilités parentales, réinsertion des jeunes exclus et professionnalisation des métiers et coopération entre les acteurs. Le rapport « Ruestch » préconisait notamment d’étendre les stages parentaux dans le cadre d’alternative aux poursuites, de créer, avec les conseils généraux, des mesures d’ « aide éducative à domicile jeunes majeurs » de soutien aux parents de jeunes majeurs (18-21 ans), d’encourager les mesures de réparation dans les établissements scolaires en cas de faute ou de manquement à une obligation, d’étendre les dispositifs de prise en charge des élèves en voie de rupture ou exclus de leur établissement, ou encore de favoriser l’accueil des mesures de travaux d’intérêt général par les collectivités. Mr Ruestch ne s’était guère intéressé aux plus jeunes dans son rapport, manifestement convaincu de l’innocence que l’on prête au premier âge… Quelques mois plus tard, Jean-Marie Bockel remettait, le 3 novembre 2010, au Président de la République, son rapport sur « La prévention de la délinquance des jeunes ». Tiens ! Toute âme perfide et un tantinet politico-méfiante, s’attendrait à un subtil copier-coller, dans le genre tout ce que vous avez déjà pu lire ailleurs et que je vous ressers sous mon nom, histoire de le faire exister en ces temps de reniement, pardon remaniement gouvernemental. Et bien, ce serait prêter fort peu d’intelligence révérencieuse et d’allégeance suave au commis rapporteur du jour, qui va plus loin que son prédécesseur. Pardon, plus tôt ! Puisque Mr Bockel nous ressert la maintenant classique formule du « plus on s’y prend tôt, plus on s’en débarrasse vite ! », en plus trivial dans le texte, il faut tuer la délinquance dans l’œuf soit dès le plus jeune âge – Allez, encore un effort, le prochain rapport évoquera à coup sur le fœtus et puis celui juste suivant, le gène… Alors, faisons fi des coïncidences troublantes qui font que quelques jours après son désormais célèbre discours de Grenoble, Nicolas Sarkozy avait confié à Mr Bockel cette mission sur la prévention de la délinquance des mineurs avec comme seul souci, non avoué, celui de jeter une petite pincée de prévention sur le grand virage sécuritaire annoncée. Et voilà donc Jean-Marie Bockel qui part en mission. En préambule à son rapport, il en appelle à « une politique de prévention ambitieuse et efficace » qui « doit agir prioritairement à l’âge où les citoyens en devenir apprennent à construire leur place dans notre société. » Vous le comprendrez très vite, en lisant la suite de ce document de 94 pages, revoilà convoqué l’âge des couches-culottes et des culottes courtes, mais pas exactement celui du « vert paradis des amours enfantines… L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs » que chante le poète, ce serait plutôt celui, coupable, diabolique, corrompu, vicieux des aubes naissantes des délinquants, instables, toxicomanes et autres caractériels asociaux. Ah ! Cette fascination des origines, pouvoir agir sur l’humain dès sa conception, son tout premier niveau de développement, au potron-minet de sa vie. Le meilleur des mondes, je vous dis, normé, calibré, échantillonné au plus tôt, le rejeton – qui mérite bien son étymologie latine, de jacto, jeter, l’enfant comme rejet mais plus trivial aussi rappelons son lien avec jactance, blabla, « empty talk » disent les anglais. L’un des noms qui mène à l’orée de notre condition de sujet, et aussi à la possibilité d’advenir à l’humanité, se retrouve donc de nouveau accommodé au blabla ministériel. Voilà donc qu’en grand maître d’œuvre d’une puériculture éclairée, Mr Bockel joue les grands timoniers. « Je sais comment faire en sorte que la délinquance des jeunes, demain, diminue voire disparaisse » semble nous dire Mr le Secrétaire d’Etat à la Justice. Détectons les graines de violence au berceau, éduquons-les, re-formatons-les et hop ! L’affaire est dans le sac, out les incivilités, les délits, enfin, la vraie vie, débarrassée de ces petits agressifs qui deviendront grands, éradiquée la violence à la racine, tous les maux du futur enfin débusqués et écartés. Enfin, ils rallieront nos rêves les plus fous d’une enfance purifiée, éthérée, attestant de cette promesse d’avenir que nous espérons tous : enfants messie, ils ne porteront ni le mal ni les maux. Ah ! Cette effarante vanité humaine de faire que les enfants demeurent à vie, imaginaires et merveilleux et nous ouvre à des lendemains qui chantent, qui fleurent bons la rosée des matins enchantés et nous protègent de tout, de tous et avant tout de nous-mêmes. Voilà le mythe mielleux à souhait que nous remâche Mr Bockel, sous couvert de son rapport sur la prévention de la délinquance juvénile. Au royaume des Bisounours, il serait Grosfarceur ! Son argumentation tient en fait peu de points. Elle s’assoit sur une idée forte, galvaudée s’il en est et pourtant encore si habituellement convoquée, d’autant sous les oripeaux du pouvoir, de l’ordre et du droit : « En lieu et place du chef de famille qui concentrait naguère le pouvoir de décision, l’autorité parentale est une notion aujourd’hui qui manque d’ancrage dans une société en perte de repères » (p.9). C’est à l’Etat – que n’avons-nous connu de Petit père des peuples ou de Père de la nation ! – qu’il revient de restaurer cette autorité et partant, d’assurer le soutien à la parentalité, exprimée dès l’ouverture de ce rapport comme la clé de voute du grand projet qui l’anime : dans les 15 propositions de Mr Bockel, un tiers concernent « la responsabilité parentale ». Mais cette responsabilité ne se conjugue ici qu’à l’empan des défaillances parentales interprétées obstinément en termes de crise d’autorité (« Les parents, souvent dépassés ou démunis face aux comportements de leurs enfants mineurs, assument de manière moins évidente qu’autrefois leur rôle d’autorité. » p.11). Et bien entendu clairement rapportées aux évolutions sociologiques « dès les années 70 » - pourquoi donc cette datation, devrait-on croire que pour Mr Bockel, tout a basculé avec le Congrès d’Epinay, en 1971, l’unification des socialistes, l’adoption de leur nouveau symbole, le poing et la rose, et leur « changer la vie » qui porta François Mitterrand au pouvoir 10 ans plus tard et pour 2 septennats ? - dont les seules mentionnées, pardon, claironnées seront « l’augmentation du nombre de familles recomposées ou monoparentales ou encore de familles appartenant à des communautés d’origine étrangère installées sur le territoire national et dont le fonctionnement est différent du nôtre » (p.11). D’où le Secrétaire d’état à la Justice tient-il cette idée infondée que la crise de la parentalité ne serait qu’une crise de l’autorité, « incomprise », voire « totalement ignorée », « diluée », « contestée », « déstabilisée tant en droit que dans les faits » ? Et que du coup, la violence des jeunes « est alors l’envers de leur incapacité familiale, éducative et affective » ? Quelle dialectique souterraine l’autorise à assimiler crise de l’autorité et crise de confiance en l’adulte, procédant ce faisant à un savant ordonnancement des défiances puis des rejets, du père, figure originelle et symbolique de cette autorité familiale au maitre d’école, professeur, policier, juge, en un « enchaînement destructeur ». A la clé et sans sous-entendu aucun tant la sémantique est d’une limpide assurance, les parents sont les premiers voire les uniques responsables des défaillances de l’autorité et des actes de délinquance de leurs enfants, en constante et inquiétante augmentation. Rappelons au passage que fin juin 2010, lors d'une réunion à l'Elysée avec les députés, Nicolas Sarkozy avait émis le souhait que le Parlement se saisisse d'une loi visant à rendre « pénalement responsables » les parents de mineurs délinquants. Quelques jours auparavant, une proposition de loi visant à supprimer les allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire répété, avait été déposée à l'Assemblée nationale par le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, qui claironnait alors que : « Sanctionner les parents démissionnaires au portefeuille permettrait de réhabiliter leur responsabilité ». Mr Ciotti, dit aussi « Mr sécurité » à l’UMP, avait suscité un tollé en août 2010, en annonçant vouloir mettre les parents d’enfants délinquants en prison. Il a depuis retiré cette idée de sa proposition de loi mais les parents paieront de toutes façons, puisqu’une amende qui pourra aller jusqu’à 7.000 euros a été prévue dans le cadre de la loi de sécurité Loppsi 2 (loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure), qui a été adoptée au Sénat, tout juste quelques jours après la tenue, le 14 octobre, des « Assises de la prévention de la délinquance juvénile », à l’initiative du…Secrétaire d’Etat à la Justice. Dans son rapport, Jean-Marie Bockel ne fait qu’enfoncer le clou de cette non-politique de l’enfance, dénoncée depuis quelques mois de multiples parts et qui avait en particulier vu plus de 80 organisations de parents, de professionnels et d’organismes spécialisés proposer sous l’égide des Etats GénérEux pour l’Enfance, un cahier de doléances regroupant 112 propositions de nature à interpeller les pouvoirs publics et les citoyens pour que l’enfance soit réellement investie comme priorité politique aujourd’hui. Mr Bockel va chercher ses cautions médiatiques ailleurs – Jeammet, Rufo et d’autres sont cités – pour réaffirmer, à contre-courant de tout ce qui fait débat en ce champ : « Il est aujourd’hui essentiel de construire une politique publique de la responsabilité parentale, avec un corpus de principes, une méthode et une communication institutionnelle » (p.14). En français dans le texte, nous allons vous apprendre ce qu’est être parent, comment exercer cette responsabilité et assurer votre autorité. Mais en quelle langue se conjugue donc cette étrange « parentalité républicaine » qu’il s’agit de rétablir (p.14) à grands coups de stages parentaux à l’issue desquels un livret éponyme serait remis aux familles ? Dans l’arsenal républicain de Mr Bockel, la messe est dite en une phrase : « L’Etat, face à une parentalité en berne, en échec ou en difficulté, doit assurer la formation des parents en généralisant les écoles de parents, en développant le « coaching parental », en prenant appui sur les réseaux d’aide à la parentalité et en responsabilisant les parents par rapport à l’école » (p.15). Tout le reste n’est que fioriture, storytelling et propagande. Enfin, presque tout. Parce que, perdu au cœur de la seconde partie de son rapport, « restaurer la citoyenneté », après avoir débattu des conditions pour « garantir la citoyenneté par l’école », via la lutte contre l’absentéisme et le décrochage scolaire et la réintroduction du travail sanitaire et social à l’école, Mr Bockel nous rejoue une petite musique aux airs familiers en remettant sur la table l'idée controversée de la mise en place d’un repérage précoce des enfants en souffrance, soit dès 2-3 ans, qui constituera d’ailleurs la 7ème de ses 15 propositions. Mr Bockel s’est donc mis à fonctionner en mode recyclage, écologiquement parlant, cela est méritoire, politiquement cela frise le révisionnisme. C’est que l'idée d'une détection précoce des enfants potentiellement violents a longue vie et ressurgit régulièrement du côté des tenants de certaines politiques. À l'époque où il était ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy avait déjà proposé, dans son avant-projet de loi sur la prévention de la délinquance, un « dépistage précoce des enfants présentant des troubles du comportement ». Une disposition abandonnée dans le texte définitif, voté en février 2007, après le tollé qu'avait suscité auprès des spécialistes de la petite enfance et plus globalement de toute la société civile l’expertise collective de l’Inserm sur « le Trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent », en 2005 . Cette fois, Jean-Marie Bockel recommande de remettre l'ouvrage sur le métier en s'appuyant sur l'institution scolaire. Cité dans son rapport, Jean-Pierre Rosenczveig, le vice-président du tribunal de grande instance de Bobigny, estime ainsi que « l'école est le lieu de repérage le plus en amont possible des enfants en difficulté. Dès 3 ans, la quasi-totalité d'entre eux se retrouvent à l'école qui est le lieu idéal pour repérer les élèves en difficulté et mobiliser l'aide qui leur est nécessaire tant pour eux que pour leurs parents » (p.42) La remise sur le tapis de ces questions controversées s’il en est, serait de nature à attester le mépris qu’inspire aujourd’hui la recherche en sciences sociales et l’hypocrisie de nombre d’opérations de consultation d’experts et d’acteurs éducatifs de terrain, dont la parole est finalement instrumentalisée ou le plus souvent transformée voire carrément ignorée. Sa réactualisation et le discours de promotion qui l’accompagne obère finalement toute réflexion sérieuse sur les questions aussi difficiles qu’incontournables que suscite le vivre ensemble. Quels choix sociétaux et politiques sont de nouveau proposés à cette société, qui cherche à étiqueter, voire exclure les enfants en difficulté, plutôt que d’en prendre soin et de les accueillir dans leur altérité ? Quel discours collectif nous est ainsi proposé qui conforte comme autant d’évidences la seule responsabilité-culpabilité des familles dans les processus de « déviance » des plus jeunes ? Mr Bockel nous rappelle que l’État est toujours animé de cette louable et humaniste intention de sauver ces « jeunes s’éloignant du droit chemin » (comme l’écrivait Jacques-Alain Bénisti, dans cet aussi fameux rapport sur la prévention de la délinquance, en 2004) en les « dépistant dès le plus jeune âge ». Je proposerai alors à notre nouveau défenseur des opprimés de détecter précocement, dans le XVIème arrondissement de Paris, ou encore à Neuilly, dans les quartiers du Parc Bordelais de Bordeaux, du Roucas Blanc à Marseille ou encore de la Tête d’Or à Lyon, les bébés de « bonnes » familles, sages, souriants, bien mis, qui risqueraient de devenir plus tard banquiers à la Société Générale, politiciens ou publicistes amateurs de montres de luxe, dirigeants de multinationales délocalisantes, et tout autre sujet qui s’engagerait résolument dans sa vie d’adulte calibré, normé, répondant aux exigences du marché et prédisposé à consommer. Et pourquoi pas de détecter la délinquance par échographie avant la naissance ce qui permettrait grâce aux progrès de la médecine de la reproduction, de trouver des réponses assurées et définitives à ces questions vraiment agaçantes par les débats qu’elles sollicitent et les réactions enflammées qu’elles suscitent. A quand l'appareil à détecter le délire des politiques ? Qui rêvent tous d’arriver à réduire à néant (!) ces « 15% d’enfants vulnérables », « c'est-à-dire incapables de répondre, de manière adaptée, à l'agressivité interne ou externe à laquelle ils sont exposés » qu’évoquent selon Mr Bockel nombre d’études. Immanquablement, il fait référence à cette autre expertise de l’INSERM, de 2002, « Troubles mentaux. Dépistage et prévention chez l’enfant et l’adolescent » qui établissait la prévalence des troubles mentaux communs (y compris les troubles des conduites) autour de 12,5 %. Mr Bockel a visiblement fait son marché de chiffres et de concepts dans cette vieille bimbeloterie de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, dans les années 2002-2005, qui a déjà été auscultée et critiquée par nombre de chercheurs, professionnels et spécialistes internationaux. Pour l’instant et d’un point de vue plus pragmatique, Mr Bockel choisit des solutions moins radicales. Même si Tony Blair est cité dans le rapport, qui avait lui, dès 2007, lancé un programme visant à identifier, 16 semaines après leur conception, les bébés les plus à risque en terme d’exclusion sociale et de potentiel criminel en Grande-Bretagne. Les futures mères volontaires recevaient un soutien hebdomadaire intensif de la part de mères plus expérimentées et de travailleurs sociaux, jusqu’au 2ème anniversaire de l’enfant. Notre Secrétaire d’Etat à la Justice préfère, dans son rapport, « créer des équipes qui détecteraient et répondraient à des comportements d’enfants difficiles » dès l’école maternelle. Il n’est certes pas question de plaider pour le retour des coups de règle et du bonnet d’âne, des punitions au coin de la salle de classe et des tabliers gris. Mais il faudra quand même m’expliquer pourquoi l’école est alors aujourd’hui confrontée à des restrictions budgétaires drastiques. C’est que pour supprimer des postes d’enseignants (11 000 en 2008 - 2009, 13 500 à la rentrée prochaine, 90 000 en 5 ans), il faut bien limiter la scolarisation : suppression de 2 h de cours en primaire, disparition des RASED (Réseaux d’aide spécialisés pour les enfants en difficulté, constitués d’enseignants spécialisés, qui prennent en charge les élèves ayant de grandes difficultés à l’école maternelle et primaire), et suppression de la scolarité entre 2 et 3 ans. Comment dans le même temps lui demander d’être le fer de lance de ce dépistage et de la prise en charge des enfants en difficulté ? Car bien entendu, la grande question qui reste en suspens dans ce rapport est la question des moyens. Mr Bockel veut ainsi créer un réseau partenarial réunissant éducation nationale, centres médico-psychopédagogiques et services de psychiatrie infanto-juvénile afin de créer « des équipes pluridisciplinaires (orthophonistes, psychologues, éducateur de rue, ASE, Éducation nationale) en charge de détecter et de répondre à des comportements d'enfants difficiles ». Mais ne sont-ce pas là les caractéristiques mêmes de toutes ces structures actuellement en voie de démantèlement et de disparition ? Quel étrange procédé dès lors, qui prône des réponses que les moyens alloués à la médecine scolaire, à l'action sociale, à la pédopsychiatrie, à la justice, ne permettent plus de réaliser. Que dit au total de plus et de nouveau ce rapport de Mr Bockel ? Rien d’autre que pour exister aujourd’hui en politique, il suffit de hoqueter ce qui hier a déjà été proclamé. Mais il y a plus, qui doit éveiller encore et toujours notre vigilance, notre capacité à entrer en résistance, c’est bien cette renaissance incessante d’un même projet de société qui s’affiche, s’efface, mais pour mieux revenir l’instant d’après, renouvelé, renforcé. Toujours alimenté des mêmes assurances fallacieuses, des mêmes preuves qui n’ont de scientifiques que le nom, surfant efficacement sur la vague des angoisses les plus populistes et démagogiques. Les hérauts de cette partition sont on le voit interchangeables, des Bénisti, des Ruestch, des Bockel, porte-voix substituables à l’empan de la Sarkozie qui n’est que le rêve infantile et tout-puissant de contrôler et maitriser l’autre, dès son plus jeune âge. A l’œuvre alors cette vision d’une puériculture bien raisonnée qui viendrait « rechigner » les poupards, les « façonner », leur apprendre la vie et le monde, à la mode de chez nous. A l’œuvre encore ce maillage institutionnel de contrôle et de normalisation sociale qui nous fait stigmatiser ici les enfants de moins de trois ans, là les Roms et plus tard qui donc si ce n’est vous et moi ? Gageons que nous serons quelques-uns et puis des milliers à rappeler aux oreilles de ceux qui l’oublieraient que le monde de demain, que nous construisons pour nos enfants, n’est pas de cette œuvre-là.
Patrick BEN SOUSSAN |