Neuf mois et moi
Quoi de neuf docteur ?
Le mot de Sparadrap
Bébé où crèches-tu ?
Des livres et des bébés
Musicalement parlant
Bébé au pestacle
Pas de 0 de conduite


Spirale, la grande aventure de M. Bébé

0 de conduite

 

Colloque de "Pas de 0 de conduite"

 

 

Le samedi 19 juin dernier, au palais la Mutualité, s’est déroulé le colloque « Pas de 0 de conduite  pour les enfants de 3 ans », cette rencontre était la troisième du genre proposé par le collectif, et avait comme titre : « Les enfants au carré ? Une prévention qui tourne pas rond ! » . Dès le début était posé diverses questions telles que : « Quelles sont les conditions favorables à l’accueil ? » ou encore « où est passé la pensée de l’altérité ? »
Salle bondée, 850 personnes travaillant dans le champ de la petite enfance et de l’enfance sont venues en nombre, étrange hasard, ce colloque se déroulait quelques jours seulement avec la clôture des états généraux de la petite enfance, et des propositions de Nadine Morano, secrétaire d'État chargée de la Famille et de la Solidarité.


Côté intervenants : Suesser, Delion, Tisseron, Missonier, Gori, Golse, Dugnat, et Giampiono pour les têtes d’affiches. Au total 25 intervenants pour une seule journée plénière. On peut d’ailleurs regretter la durée souvent trop courte des interventions et le peu de temps pour les discussions. Le même programme aurait bel et bien pu se faire sur deux jours, avec le même nombre d’intervenants.
La journée était consacrée aux propositions, aux idées nouvelles, bien au délà de la simple plainte qui a une forte tendance à prendre de la place dans les colloques de nos jours. Force est de constater que le temps n’est plus au constat mais à l’agissement. Il nous faut trouver des moyens de résister contre le modèle de la prédiction toute puissante.


Au-delà des intervenants, il a eu aussi des films qui ont été projetés sucitant de vifs  débats notamment le documentaire de Marina Julienne intitulé « Enfants, graines de délinquants ? »  qui présente le logiciel Dominique , où l’enfant doit répondre à une centaine de questions exclusivement par « oui » ou « non ». (Est-ce que cela t’inquiète d’avoir des mauvaises notes ? Rêves-tu souvent que tes parents se séparent ? Est-ce que toi aussi comme Dominique as-tu eu envie de frapper ta maman ? Est-ce que va mal ? Ou encore est-ce que comme Dominique, tu n’arrives pas à rester sur ta chaise ? ) Avec les résultats, le logiciel mesure les risques pour l’enfant et ainsi alerte les parents sur les troubles du comportement de l’enfant et les conduites à suivre. Le logiciel Dominique est dans un programme européen pour la prédiction des troubles chez l’enfant.


Le matin, Sylvain Missonier rappelait que « la  parole est le  tuteur de l’axe du développement de l’enfant. »Dans l’après-midi, Roland Gori, s’insurgeait contre l’homme moderne vu par les politiques  comme un consommateur d’opinion, à qui on ne vendrait plus que du risque : « Il n’y a plus de missions pédagogiques de l’Etat, on assiste à des manipulations, des mises en spectacle qui consistent à faire vendre un produit politique comme si on vendait une lessive. »


En conclusion, Bernard Golse s’interrogeait sur la haine de l’enfance, et sur la peur de la pensée. Il reprenait la question de la culture actuelle qui prone les experts, de cette idée illusoire que « pour chaque enfant, il y aura toujours un expert qui aura une solution ». Freud, expert du non savoir, répondait à une mère angoissée à l’idée de ne pas savoir comment faire avec son fils : « faites, faites, de toute façon, vous ferez mal » n’en déplaise à Mme Morano qui à la suite des états généraux de l’enfance proposait seulement feuille de parcours pour les enfants, carnet de parentalité, protocole entre les acteurs de l’enfance, et guide transmission de situations préoccupantes.


    Avec ses propositions, il est sûr que le collectif « pas de 0 de conduite » a encore du travail pour se faire entendre. Souhaitons donc que le mouvement ne perde rien de son engagement pour mettre l’enfant au cœur de sa réflexion, et de laisser à l’enfant d’etre acteur de son propre développement. Les interventions du colloque devraient faire l’objet d’un livre avant la fin de l’année chez les éditions Erès.