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Bouger, gigoter, pédaler, étirer, étendre, contracter, allonger, crisper, pousser, détendre, tourner, plier, fléchir, lever, poser, enrouler, arc-bouter, rouler, effleurer, toucher, saisir, lâcher, regarder, goûter, écouter, sentir…
24 avr. 2026
Sylvie Lavergne
Temps de lecture : 5 min

 Tels les nombreux mouvements et expériences corporelles spontanés que bébé exerce librement ; s’y ajoutent des actions combinées, coordonnées des différentes parties de son corps dans l’espace, de l’horizontal au vertical, pour se tourner, rouler, ramper, reculer, avancer, osciller, pousser et se mettre à quatre pattes, assis, à genoux, debout, s’accroupir, puis marcher et courir, sauter, monter et descendre les escaliers.

Ces mouvements sont des actions multiples et variées, témoins d’une constante activité, grâce à laquelle bébé est au contact du monde environnant par son propre corps, qu’il apprend ainsi à connaître et à maîtriser au rythme de son développement et de sa maturité.

D’abord nourrisson puis petit enfant, bébé pousse, grandit progressivement en taille et en poids, élargit ses initiatives, affine ses postures, multiplie ses déplacements, joue aussi bien dedans que dehors. Qu’il soit plus ou moins habillé, en hiver comme en été, à la maison, au jardin ou dans la rue, en ville, à la campagne, à la montagne ou à la mer, ses vêtements seront sa première protection et doivent être adaptés à la température de ces divers environnements.

Dans son ouvrage Les mémoires d’un bébé, l’historien René-Jean Bouyer remonte le temps et nous explique que, dès l’Antiquité : « L’enfant, dans ses tout premiers jours, semble en effet mal disposé à résister à la température qui règne dans les maisons glaciales d’autrefois. En l’emmitouflant dans des couches superposées de tissu (des bouts de couverture et des draps usagés plus doux, moins rêches pour la peau délicate de l’enfant), on cherche d’abord à le protéger du froid [1]. » C’est le temps du maillot et de l’emmaillotage, des langes superposés et de l’empaquetage, pour protéger le corps de bébé des variations de température mais également pour le sculpter, le raffermir, le modeler, afin d’éviter de futures malformations, ou encore pour le protéger des prédateurs comme les rats (on le suspendait par ses langes à un clou planté au mur !). René-Jean Bouyer précise : « C’est le xviiie siècle qui généralisera l’“empaquetage” des enfants pour plus de deux cent cinquante ans, et ce jusqu’au milieu du xxe siècle [2] », pour constater finalement qu’« en l’emprisonnant dans ces bandelettes plus ou moins serrées, on cherche à lui interdire tout mouvement, afin que ses membres ne se déforment pas [3] ». Dans de telles conditions, comment bébé ressent-il son corps ? Quand a-t-il la possibilité de bouger ?

Poursuivons en 1762 avec Jean-Jacques Rousseau, qui, dans son ouvrage Émile ou de l’éducation, s’appuie sur une observation attentive de l’enfant comme sur le souci de favoriser sa croissance naturelle. Lui aussi condamne l’« extravagante et barbare pratique du maillot : au moment que l’enfant respire en sortant de ses enveloppes, ne souffrez pas qu’on lui en donne d’autres qui le tiennent plus à l’étroit. Point de têtières, point de bandes, point de maillot ; des langes flottants et larges qui laissent tous ses membres en liberté et ne soient ni assez pesants pour gêner ses mouvements, ni assez chauds pour empêcher qu’il ne sente les impressions de l’air. Placez-le dans un grand berceau où il puisse se mouvoir à l’aise et sans danger. Quand il commence à se fortifier, laissez-le ramper par la chambre ; laissez-le développer, étendre ses petits membres, vous le verrez se renforcer de jour en jour. Comparez-le avec un enfant bien emmailloté du même âge, vous serez étonné de la différence de leur progrès [4] ».

Alors, une évidence apparaît : ainsi libéré des maillot, bandelettes et autres carcans, bébé éprouve son corps, l’explore, se l’approprie, se fortifie de lui-même et par lui-même. Au lieu d’annuler, de limiter ou de compliquer son activité, le vêtement a maintenant pour fonction de la faciliter !

Confortable, souple et suffisamment ample pour ne pas entraver les mouvements, les articulations ou la respiration de bébé, le vêtement, de par ses caractéristiques, doit pouvoir s’ajuster à ses mouvements corporels.

Pour détailler ce lien étroit entre vêtements et motricité de bébé, allons faire un petit tour d’alphabet et tentons un abécédaire, au choix arbitraire et non exhaustif, de pièces de vêtement favorisant le bien-être et le confort de bébé de la tête aux pieds, avec leurs aspects pratiques pour une facilité d’habillage des différentes parties de son corps ainsi vêtues afin d’être à l’aise et libre de ses mouvements. Nous proposons ainsi une description du bon usage des habits pour et par bébé.

A pour Anorak, Ample, Articulations et Autonomie

Veste de sport imperméable et chaude, coupe-vent à capuchon fixe ou amovible, l’anorak est un vêtement d’intersaison. Il est facile à mettre car il s’enfile par les manches et se ferme sur le devant. Progressivement l’enfant pourra le retirer sans aide, dégager un bras puis l’autre, et aussi l’enfiler tout seul. Certains enfants le déposent au sol, engagent les deux bras dans les manches et les passent par-dessus la tête pour les ramener de chaque côté du tronc. Les mouvements de rotation, de flexion et d’extension des articulations des bras sont d’autant plus possiblement amples que l’anorak est léger et épouse les différents mouvements de bébé.

Prévenir bébé avant de lui mettre ou de lui enlever un vêtement est essentiel pour qu’il soit acteur de ce moment, tout comme attendre ses gestes de coopération l’engagera à témoigner de ses capacités actuelles d’autonomie. Progressivement, l’enfant veut s’habiller seul, montre par là même qu’il est grand et en est très fier lorsqu’il dit : « Moi, tout seul ! » Il est important pour lui de choisir le vêtement comme la couleur à porter aujourd’hui : lui présenter par exemple deux chemises le soutient dans un choix possible, tout en évitant qu’il ne se perde dans les piles de vêtements du placard ! Il est ainsi accompagné dans l’affirmation et le respect de sa personnalité qui est en train de se construire.

B pour Barboteuse, Béguin, Bien-être, Body, Bottes, Brassière et Bretelles

C’est en 1905 qu’apparaît la première barboteuse destinée aux petits entre 2 et 4 ans. Elle dérive des costumes de gymnastique. Pratique, fonctionnelle et confortable, elle permet à bébé d’explorer directement son environnement sans entraves ; ses jambes sont nues, ses hanches et genoux peuvent bouger librement dans tous les sens, fléchir comme s’étendre, se rejoindre ou s’écarter selon les situations rencontrées.

Petit bonnet intégral qui s’attache sous le menton, le béguin enveloppe complètement la tête et les oreilles de bébé et en suit tous les mouvements. Bébé peut ainsi la tourner à droite, à gauche, la lever, la baisser ; elle reste bien au chaud et son visage, toujours dégagé, garde le contact visuel avec son environnement.

Le body enveloppe bien le corps de bébé car il le couvre de la nuque aux fesses. Les manches comme les jambes peuvent être courtes ou longues. Ce sous-vêtement qui s’ouvre au niveau de l’entrejambe facilite le maintien et le changement de la couche. Mais bébé grandit vite ! Veillons à changer la taille du body au fur et à mesure du développement physique de bébé, afin qu’il reste confortable, ajusté, qu’il suive les mouvements spontanés du cou, des épaules, du tronc et des hanches.

Les bottes souples sont bien pratiques à enfiler et faciles à retirer par l’enfant, qui prendra rapidement l’habitude de le faire sans aide de l’adulte. Il pourra ainsi se déchausser facilement pour rentrer à la maison, comme se chausser pour sortir de sa propre initiative. Doublées ou fourrées, ou encore en caoutchouc, elles lui assurent le bien-être des pieds en toutes circonstances météorologiques ! Chaussures de pluie par excellence, elles lui permettent de marcher dans l’eau, de sauter dans les flaques, sans se mouiller de trop ! Et bottes de neige gardent les pieds au sec lorsqu’il marche dans la neige ou s’y enfonce.

Bien connue, la brassière est le premier vêtement de bébé, en coton ou en laine. Elle est bien adaptée au nourrisson, car elle s’attache sur le devant et évite ainsi de le balloter dans tous les sens lors de son habillage. Voici comment la mettre : « Nous glissons trois doigts dans la manche en accordéon et nous l’approchons de la main du nourrisson, que l’on cambre légèrement au niveau du poignet en repliant également les doigts de sa main, la main assistante tient l’avant-bras de l’enfant, la main active saisit le poing du nourrisson, faisant passer la main de l’enfant dans la manche, la main assistante fait remonter la manche de la brassière sur le bras du nourrisson [5]. » Ainsi c’est bien la manche qui est glissée pour recouvrir le bras de bébé et non son bras qui est tiré par la main pour la passer…

Les bretelles doivent être bien ajustées : pas trop courtes pour ne pas serrer les épaules de bébé ni bloquer l’amplitude de ses bras ; pas trop longues pour qu’elles restent en place sans glisser ou tomber, ce qui gênerait l’enfant, le freinerait voire le stopperait dans ce qu’il est en train de faire.

C pour Capuche, « C’est maman qu’a acheté ! », Chaussons souples, Chaussures basses, Chemise, Confort, Coton et Couches

La capuche protège de la pluie et du vent. Comme pour le béguin, elle doit bien entourer la tête de l’enfant pour lui permettre de la tourner sans que son visage en soit en parti recouvert et l’empêche de voir son environnement. Elle est pratique pour l’enfant qui peut aisément la mettre de lui-même, la retirer et la réajuster si besoin. Ainsi, la capuche idéale est celle qui, séparée du vêtement, favorise les mouvements de la tête.

« C’est maman qu’a acheté ! » Combien cette réponse est courante, emplissant l’enfant de fierté et de joie lorsque l’adulte lui dit, par exemple : « Oh, je vois que tu as de nouvelles chaussures ! » Le vêtement fait partie de l’enfant, représente la marque du soin maternel, parental, familial, et porte une forte valeur affective. À travers les tenues qu’elle lui choisit, la façon dont elle l’enveloppe, sa maman le soigne et le fait beau.

Les chaussons souples enveloppent et gardent les pieds au chaud, assurant ainsi leur plein confort au contact d’un sol froid. Constitués d’un élastique au niveau de la cheville et d’une semelle souple, ils favorisent mouvements et contacts directs des pieds avec le sol : les orteils peuvent bouger librement et les chevilles tourner complètement pour ajuster constamment l’équilibre global du corps. Les plantes des pieds restent actives dans des mouvements variés, elles s’étalent à plat sur le sol, se recroquevillent, se portent en avant, en arrière et sur les côtés.

C’est pour la même aisance des pieds, points d’ancrage du corps dans le sol et acteurs dynamiques de l’équilibre du corps tout entier, que les chaussures basses sont à privilégier pour l’enfant lorsqu’il marche librement. Pour les promenades à pied, il faut que les chaussures « aillent bien », qu’elles ne soient ni trop petites – au risque de comprimer les orteils de l’enfant –, ni trop grandes afin qu’il les garde bien. Ce sont les multiples actions des pieds qui font la marche, et non les chaussures ! Les chevilles ont besoin d’être libres pour pouvoir jouer leur rôle de rééquilibrage constant dans les situations que rencontre l’enfant dans sa journée : marcher, lever et poser alternativement chaque pied, s’arrêter, monter et descendre un obstacle, une marche, un escalier, sauter, se rétablir sur un terrain accidenté, en montée, en descente. Pour faciliter tous ces mouvements et réajustements, la chaussure basse laisse toute amplitude aux chevilles et conserve son propre rôle principal qui est de protéger les pieds des risques de blessures et des variations de température.

La chemise est un vêtement pratique qui s’enfile par les manches et se ferme sur le devant. Les boutons deviennent progressivement autant d’exercices fins des doigts pour les placer un à un dans leur boutonnière. En coton, elle est douce au contact de la peau, légère, confortable et souple. Le coton est une matière absorbante et isolante qui retient l’air réchauffé au contact du corps et tient chaud comme un radiateur. Il est donc idéal pour bébé !

Pour la couche, il est souhaitable qu’elle n’entrave pas les mouvements des hanches : trop serrée, elle comprime le ventre et les mouvements respiratoires, maintient les hanches en dedans et bloque leur rotation ; trop lâche, elle crée une sensation de pesanteur pour l’enfant, qui peut alors arquer les jambes sous l’effet du poids.

D pour Déplacements et Doudoune

Les déplacements sont les changements de position et d’emplacement du corps dans l’espace dans une recherche constante d’équilibre, statique au début, dynamique ensuite. Ils sont découverts par bébé dans un ordre constant déterminé : se tourner et se retourner, rouler, ramper, se déplacer à quatre pattes, quelquefois se dresser à genoux, faire des pas latéraux avec appui, faire des pas en se tenant debout librement, puis des pas libres et marcher avec assurance. À travers cette activité quotidienne si intense, on comprend que les vêtements adéquats sont utiles à bébé et font partie des conditions favorables à sa motricité libre. Vêtement principal de l’hiver, la doudoune est confortable, enveloppante et pratique à enfiler comme à quitter. Épaisse mais souple et légère, elle laisse les épaules et le tronc bouger dans toutes leurs amplitudes, tout en maintenant le corps de bébé au chaud.

E pour Élégance, Encolure, Engoncé, Enveloppe et Épaules

Les vêtements relèvent également du domaine de l’élégance, par le choix de la meilleure tenue pour bébé afin qu’il soit le plus beau ou la plus belle ! Mais que cela ne soit pas au détriment de sa liberté de mouvements ; évitons que les vêtements choisis pour lui le mettent dans l’épreuve d’un corps engoncé, serré, prisonnier. Choisissons-les plutôt pour qu’ils offrent une enveloppe à la bonne taille actuelle de bébé, ni trop petite ni trop grande, juste la bonne. L’encolure du vêtement, par exemple, ne doit pas trop serrer le cou afin que bébé puisse le bouger sans aucune gêne (voir Habillage pour la façon d’enfiler un vêtement par la tête).

Les épaules sont la partie du corps la plus mobile. Lorsque le buste est recouvert de vêtements légers qui n’appuient pas sur les épaules de bébé, celles-ci peuvent d’autant mieux fonctionner dans leurs variations et le guidage du bras et de la main.

F pour Fluidité

La fluidité est la facilité avec laquelle une matière s’écoule uniformément sans résistance, nous disent les dictionnaires. C’est une qualité fondamentale autant pour les vêtements que pour la motricité : les vêtements doivent rester de simples habits qui recouvrent le corps, sans créer une quelconque incidence sur la motricité. La motricité est libre car bébé l’exerce par lui-même et de lui-même de manière naturelle, spontanée et continue, sans entraves d’aucune sorte – et l’on sait que les vêtements peuvent en être…

G pour Grenouillère

La grenouillère enveloppe entièrement le corps de bébé en une seule pièce. Elle est formée de deux jambes de pantalon distinctes terminées par des chaussons, les mains sont libres. Elle fait office de pyjama et évite d’avoir froid aux pieds pendant le sommeil ou le jeu. Elle est ainsi bien adaptée à bébé. Deux restrictions toutefois : attention à ce qu’elle ne soit pas un carcan qui empêche l’extension des jambes quand elle est devenue un peu trop petite, ou encore que bébé ne glisse avec les chaussons du pyjama quand il se déplace debout !

H pour Habillage et Hanches

Un vêtement souple permet un habillage et un déshabillage sans trop de contraintes pour bébé, pratique, il permet à l’enfant de le retirer lors du jeu si besoin. Le vêtement est montré à bébé afin qu’il ne soit pas surpris, puis il est habillé avec des gestes doux et lents. Il est par exemple important d’écarter suffisamment le col du vêtement pour le passer par la tête de bébé sans que son visage ou ses yeux soient recouverts, puis de le descendre lentement jusqu’à la base de son cou, et inversement pour le retirer. L’habillage – tout comme le déshabillage – se fait par étapes, toujours les mêmes, sont expliquées à bébé. Petit à petit, il va les connaître, les reconnaître puis les utiliser avec curiosité, adresse et plaisir, dans un partenariat d’habillage avec l’adulte qui l’attend et le suit dans ses gestes de coopération évoluant au fil du temps.

Lors des déplacements, les hanches sont mobilisées pour assurer équilibre du corps et coordination entre les bras et les jambes en se portant vers l’avant, vers l’arrière, vers le haut ou vers le bas, sur les côtés. Afin de suivre tous ces mouvements de rotation, le vêtement qui les recouvre doit être ample, non rigide et muni d’une ceinture élastique à la taille.

I pour Intempéries

Équipé de vêtements appropriés, bébé peut faire face aux intempéries que sont pluie, vent, gel, neige, froid. Les enfants habillés avec justesse contre le froid ne le sentent pas plus que les autres très habillés, car ils sont habitués à n’être pas très couverts ; l’excès de vêtements est aussi nuisible que leur insuffisance ! Le vêtement de pluie est une invitation à sortir par tous les temps, très précieux lors des promenades et au jardin (voir Bottes, Capuche).

J pour Jambes de pantalon et Jouer

On peut régulièrement observer que les jambes de pantalon sont bien plus longues que celles de bébé. Elles se plissent en accordéon, débordent sur le sol, créant une gêne sous la plante des pieds et un déséquilibre à rétablir. Les retourner régulièrement en un ourlet au bas du pantalon pour le raccourcir permet aux pieds de bébé d’être bien dégagés et à ses chevilles d’être libérées.

Jouer à son aise, tel est le quotidien de bébé. Le laisser entreprendre en toute liberté, en veillant seulement à ce qu’il ne se fasse pas mal. Permettre tous ses exercices corporels sans qu’il soit empêtré – par une robe qui se coince sous les genoux lorsque la petite fille se déplace à quatre pattes, ou par un chapeau qui couvre les yeux, empêchant de voir alentour. L’habiller en conséquence favorise toutes ses explorations motrices et sensorielles sans crainte qu’il ne se salisse.

K pour Kimono et K-way

Le kimono est la brassière moderne de bébé (avec un pantalon séparé) bien pratique ! C’est ensemble est léger et suffisamment ample pour ne pas entraver les mouvements, les articulations et la respiration de bébé.

Vêtement de pluie léger, coupe-vent imperméable, le K-way est fin et près du corps, il protège l’enfant tout en suivant ses moindres initiatives. Il l’invite ainsi à sortir par tous les temps !

L pour Liberté motrice

Le développement de bébé est révélé par l’expression de sa liberté motrice. Elle est son mode de vie, de connaissance, d’expériences de la dynamique de ses progrès, initiés à son rythme par lui et pour lui. Il y est accompagné par l’adulte qui s’assure des conditions favorables à cet égard, et dont font partie les vêtements appropriés à sa liberté de mouvements.

M pour Manches, Motricité fine et Moufles

À l’instar des jambes de pantalon, les manches dépassent bien souvent la taille des bras de bébé, jusqu’à lui recouvrir entièrement les mains. Là encore, il est indispensable de les replier pour permettre à bébé de sucer son pouce, par exemple, d’avoir les mains et les poignets dégagés pour saisir pleinement les objets.

La liberté des doigts est la motricité fine exercée à mains nues par bébé. Mais pour les promenades et les jeux par temps froid, par exemple, les moufles sont bienvenues, elles englobent la main tout entière, et l’enfant peut les mettre et les retirer aisément. Cependant, toucher, prendre, porter, manipuler, pour un tas de choses, nécessite une prise habile et adroite. À cet égard, les gants deviennent bien utiles pour que chaque doigt puisse faire son travail malgré le froid.

N pour Nu-pieds

Les pieds, composés chacun de 26 os, portent tout le corps. Pour bien les connaître et les utiliser, aller en nu-pieds ou pieds nus est excellent, tout le temps, la journée durant, à la maison bien entendu, mais aussi dehors si le temps et le sol le permettent ! Allongé sur le sol, bébé les touche, les saisit, les porte en bouche. Ils sont ses appuis lors des déplacements et ses points d’équilibre lorsqu’il est debout. Être pieds nus permet à bébé de se propulser, de ne pas glisser, de sentir chaque orteil, la plante du pied, le talon, le dessus du pied, l’articulation de la cheville. Il est alors en contact direct avec les différents supports, matériaux, températures et reliefs du sol. Lui mettre des chaussettes, par exemple, ferait écran et le couperait de ses sensations fines et de ses ajustements moteurs (rappelons-nous les chaussons de la Grenouillère !) Et s’il fait froid, reportons-nous à ce qui est dit au sujet des chaussons souples…

O pour Obstacle

Le vêtement ne doit pas être un obstacle à la motricité libre de bébé. Mal ajusté, trop petit ou trop grand, il peut empêcher bébé de bouger, de tourner, de se lever, de s’asseoir, de marcher, de se pencher, de lever les bras, les jambes. Il représente alors pour lui une difficulté supplémentaire qu’il subit et qui l’entrave.

P pour Personnalisé, Poches, Protection et Pudeur

Bébé sait très bien reconnaître son vêtement de par sa forme, sa couleur, son odeur. Ainsi personnalisé, bébé l’identifie : c’est bien le sien, et il ne voudra pas en mettre un autre…

Les poches sont ces petits espaces tout doux bien utiles pour y glisser les mains, y mettre son doudou, sa tétine, les retrouver, garder des objets avec soi sans les perdre lorsque les mains sont occupées.

Le vêtement est d’abord une protection de la peau de bébé dans un environnement qui pourrait porter atteinte à sa santé, lorsque la température est inadéquate, le sol froid, sale ou dangereux. Il couvre et enveloppe son corps, protège l’intimité et l’intégrité physiques de l’enfant, et devient écran au service de sa pudeur.

Q pour Quadrupède et Qualité

Le bébé quadrupède développe son agilité au contact du sol. Ses vêtements doivent alors être de qualité, amples et souples, pour pouvoir suivre tous ses mouvements, résistants et solides aux frottements et autres glissements de bébé sur les surfaces explorées.

R pour Respiration

Le jean qui se ferme à la taille avec des boutons, la couche trop serrée ou encore la chemise trop petite, restreignent la respiration de bébé. Son ventre et son thorax sont de fait comprimés, les mouvements d’ouverture et de fermeture de la cage thoracique et ceux du ventre sont limités, raccourcis dans leurs amplitudes. Pour que la respiration se fasse naturellement sans entraves, l’élastique du pantalon doit serrer la taille sans que cela soit inconfortable, la pose de la couche rester légère autour du ventre, et la chemise être à la bonne taille pour le buste de bébé.

C’est l’été ! Muni de sandalettes, bébé a les pieds protégés des aspérités ou saletés du sol, ses chevilles et ses talons bougent d’eux-mêmes en toute liberté (voir aussi Chaussures basses) pour ajuster en permanence son équilibre et varier ses déplacements (marche, course, saut…) sans entraves.

Tout comme le pantalon, le short a une taille élastique souple. Léger, fluide et souvent en coton, il suit tous les mouvements des hanches de bébé et facilite sa respiration. De plus, bébé a les jambes nues directement au contact de l’air et de la variété des environnements explorés.

T pour Tailles, Tissus et T-shirt

On l’a compris, les vêtements de bébé doivent être à sa taille du moment et suivre la courbe de son développement physique, afin de ne pas être des freins à sa motricité.

Les tissus seront confortables quel que soit le temps, assurant chaleur, ou fraîcheur, et protection au corps de bébé, légers, extensibles et fluides pour son aisance corporelle. On privilégiera les lainages, les tissus polaire et matelassé, le coton, le lin, le velours et le tissu éponge.

En dehors des vêtements déjà détaillés, ajoutons le T-shirt, aux manches courtes ou longues, maillot de corps confortable qui épouse bien le buste de l’enfant tout en suivant le moindre de ses mouvements.

U pour Utilitaire

Utilitaire signifie pratique et fonctionnel : proposons ce terme comme définition qualitative des vêtements de bébé par excellence et en toutes circonstances !

V pour Velcro et Veste

Le Velcro, ou scratch, est facile d’usage pour fermer et ouvrir la chaussure ou l’imperméable, ajuster une capuche, un bonnet ou des gants. L’enfant peut le faire seul, doser progressivement la pression de sa main pour fermer le vêtement comme ajuster la pince de ses doigts pour tirer et l’ouvrir de lui-même sans l’aide de l’adulte.

Tout comme l’anorak, la chemise et la doudoune déjà décrits, la veste est bien pratique à enfiler et à porter par l’enfant. Sa fermeture peut être délicate à opérer s’il y a des boutons, mais facile avec le zip (voir plus loin) ou parfois le Velcro : les petits mains de l’enfant s’y entraînent avec de plus en plus d’assurance et il peut la retirer en toute autonomie.

W pour Waterproof

Imperméables et étanches, les vêtements waterproof sont « à l’épreuve de l’eau ». Ainsi vêtu, sans risquer d’être mouillé jusqu’aux os, l’enfant appréciera de se promener et de jouer dehors par temps de pluie. De nouvelles découvertes l’attendent, différentes de celles entreprises à la maison.

X pour X-Shirt

Ou comment bien choisir le vêtement de bébé au rythme de son développement, grâce au guide des tailles X-Shirt ! À nouveau, ni trop petit ni trop grand, juste à la bonne taille pour que bébé soit à l’aise pour bouger librement.

Y pour Yoga pant

Le Yoga pant est un legging ou caleçon en tissu léger, qui habille entièrement les jambes de bébé tout en lui laissant les pieds nus. Sa taille élastique permet la liberté des mouvements des hanches lorsqu’il joue au sol sur le dos, sur le ventre, lors de ses déplacements à quatre pattes, l’installation dans la station assise, les déplacements debout. Par les sensations externes globales du tissu sur sa peau et les sensations internes de ses mouvements, bébé ressent pleinement ses jambes.

Z pour Zip

Le zip s’étire sur le vêtement en une fermeture à glissière pratique et solide qui le maintient bien fermé. Son usage demande à l’enfant un plus long entraînement que celui du Velcro, car il a besoin de coordonner ses deux mains entre elles, chacune dans une action différente, pour à la fois tenir le vêtement et monter ou descendre le zip.

Tout promenade a une fin, et tout texte une conclusion. Cette dernière revient à Emmi Pikler, pédiatre hongroise (1902-1984) qui résume bien ici notre propos : « Dès la naissance, nous tenons à ce que les vêtements des enfants entravent le moins possible leurs mouvements. Ils doivent, couches comprises, permettre aux membres de bouger librement (flexion, extension, rotation) et s’adapter à la position initiale spécifique des membres inférieurs (abduction et flexion des hanches et flexion des genoux). Ils ne doivent pas gêner les mouvements de la tête, du tronc ou des bras. Ils doivent également permettre aux pieds et aux mains de bouger librement. » 

Dans ces conditions, on l’a compris, vêtements et motricité peuvent faire bon ménage. À vous, maintenant, de composer le trousseau idéal pour votre bébé !

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